|
Contactez:
Prof. Joseph E. Mwantuali 1er Vice-President 198 College Hill Road
Clinton, NY 13323 Tel. (315) 449-1911 Fax (315) 449-1860
E-mail: jmwantua@hamilton.edu
La République Démocratique
du Congo : l'éternel cercle vicieux?
(Washington, DC) Le RNS (Rassemblement pour une Nouvelle
Société) voudrait exprimer ses vives inquiétudes devant la tournure
que la situation politique du Congo est en train de prendre. Devant
de telles absurdités, toute personne connaissant l'histoire de ce
pays ne peut que se dire : "c'est reparti !" Comme en 1960: d'innombrables
groupuscules politiques, chacune voulant que son chef soit le Président
du pays. Comme en 1960 : un jeune soldat formé vaille que vaille
et propulsé du jour au lendemain à la tête de cet immense pays par
une maligne et invisible main extérieure. Comme en 1965 : un coup
d'Etat militaire (mais cette fois-ci, fait deux fois successivement
par le père, puis par le fils) tout de suite accrédité par l'opinion
internationale, sans autre forme de procès.
Lorsque Kabila père s'était auto-proclamé Président du Congo, le
RNS avait fait une mise en garde contre une dictature qu'on pouvait
voir venir de loin. Kabila s'installa et copia Mobutu avec brio.
Nous mettons, une fois de plus en garde nos compatriotes congolais
ainsi que l'opinion internationale contre le danger de répéter avec
le jeune Kabila l'histoire du jeune Mobutu en 1960. Il n'y a qu'à
écouter les intarissables compliments des gouvernements étrangers
à son endroit : "Il est jeune et poli, c'est l'espoir du Congo",
"il est ouvert au compromis et il est flexible, c'est l'homme qu'il
faut pour le Congo", etc.
Nous voudrions rappeler tout le monde, que là n'est pas la question.
La première chose à souligner et qu'on semble nous faire oublier,
c'est que le Congo n'est pas une monarchie où la passation du pouvoir
se fait de père en fils/fille. Secundo, c'est insultant de voir
ces mêmes pays défenseurs de la Démocratie et d'importantes institutions
comme la Banque Mondiale et l'Union Européenne, chercher à signer
des contrats avec un Président illégal,qui n'est pas mandaté par
la population du Congo. Des milliards des dollars avaient été déversés
dans le Zaire de Mobutu, puisqu'il était, lui aussi, censé être
le seul garant de la stabilité au Congo; on le sait, Mobutu n'apporta
que du sang, des larmes et la désolation, tandis que le monde regardait
avec insouciance. L'enthousiasme qui a entouré l'attente du premier
gouvernement du jeune Kabila ainsi que les intarissables éloges
qui ont suivi sa promulgation, sont pour le moins écœurants.
Le RNS voudrait insister sur le fait que ce dont la poplulation
congolaise a besoin présentement, ce n'est pas un gouvernement.
Aucun gouvernement ne peut changer positivement quoi que ce soit
au Congo sans la coopération de la population. Et il n'y aura jamais
de coopération tant que des gouvernements illégaux leur seront imposés.
Mobutu et Kabila père s'en sont rendu compte (et ceci vaut aussi
pour les étrangers qui illégalement occupent en ce moment notre
territoire). Ce dont le peuple a ugemment besoin, c'est un réel
dialogue inter-congolais. Les conditions sont propices et les circonstances
favorables. Ne laissons pas passer une si belle occasion en répétant
des erreurs du passé qu'on ne connait que trop bien. La meilleure
aide que l'ONU, d'autres pays et institutions amies pourraient apporter
aux Congolais, c'est de nous aider à organiser en toute équité et
transparence un dialogue inter-congolais où toute la population
congolaise serait représentée; c'est-à-dire qui inclurait aussi
bien les partis politiques no-armés, que des associations civiles
et religieuses.
Le RNS est convaincu que seul un tel forum pourrait, dans un consensus
national, voter un gouvernement de transition compétant et opérationnel,
et entamer le processus de démocratisation au Congo.
|