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La République Démocratique du Congo : l'éternel cercle vicieux?

(Washington, DC) Le RNS (Rassemblement pour une Nouvelle Société) voudrait exprimer ses vives inquiétudes devant la tournure que la situation politique du Congo est en train de prendre. Devant de telles absurdités, toute personne connaissant l'histoire de ce pays ne peut que se dire : "c'est reparti !" Comme en 1960: d'innombrables groupuscules politiques, chacune voulant que son chef soit le Président du pays. Comme en 1960 : un jeune soldat formé vaille que vaille et propulsé du jour au lendemain à la tête de cet immense pays par une maligne et invisible main extérieure. Comme en 1965 : un coup d'Etat militaire (mais cette fois-ci, fait deux fois successivement par le père, puis par le fils) tout de suite accrédité par l'opinion internationale, sans autre forme de procès.

Lorsque Kabila père s'était auto-proclamé Président du Congo, le RNS avait fait une mise en garde contre une dictature qu'on pouvait voir venir de loin. Kabila s'installa et copia Mobutu avec brio. Nous mettons, une fois de plus en garde nos compatriotes congolais ainsi que l'opinion internationale contre le danger de répéter avec le jeune Kabila l'histoire du jeune Mobutu en 1960. Il n'y a qu'à écouter les intarissables compliments des gouvernements étrangers à son endroit : "Il est jeune et poli, c'est l'espoir du Congo", "il est ouvert au compromis et il est flexible, c'est l'homme qu'il faut pour le Congo", etc.

Nous voudrions rappeler tout le monde, que là n'est pas la question. La première chose à souligner et qu'on semble nous faire oublier, c'est que le Congo n'est pas une monarchie où la passation du pouvoir se fait de père en fils/fille. Secundo, c'est insultant de voir ces mêmes pays défenseurs de la Démocratie et d'importantes institutions comme la Banque Mondiale et l'Union Européenne, chercher à signer des contrats avec un Président illégal,qui n'est pas mandaté par la population du Congo. Des milliards des dollars avaient été déversés dans le Zaire de Mobutu, puisqu'il était, lui aussi, censé être le seul garant de la stabilité au Congo; on le sait, Mobutu n'apporta que du sang, des larmes et la désolation, tandis que le monde regardait avec insouciance. L'enthousiasme qui a entouré l'attente du premier gouvernement du jeune Kabila ainsi que les intarissables éloges qui ont suivi sa promulgation, sont pour le moins écœurants.

Le RNS voudrait insister sur le fait que ce dont la poplulation congolaise a besoin présentement, ce n'est pas un gouvernement. Aucun gouvernement ne peut changer positivement quoi que ce soit au Congo sans la coopération de la population. Et il n'y aura jamais de coopération tant que des gouvernements illégaux leur seront imposés. Mobutu et Kabila père s'en sont rendu compte (et ceci vaut aussi pour les étrangers qui illégalement occupent en ce moment notre territoire). Ce dont le peuple a ugemment besoin, c'est un réel dialogue inter-congolais. Les conditions sont propices et les circonstances favorables. Ne laissons pas passer une si belle occasion en répétant des erreurs du passé qu'on ne connait que trop bien. La meilleure aide que l'ONU, d'autres pays et institutions amies pourraient apporter aux Congolais, c'est de nous aider à organiser en toute équité et transparence un dialogue inter-congolais où toute la population congolaise serait représentée; c'est-à-dire qui inclurait aussi bien les partis politiques no-armés, que des associations civiles et religieuses.

Le RNS est convaincu que seul un tel forum pourrait, dans un consensus national, voter un gouvernement de transition compétant et opérationnel, et entamer le processus de démocratisation au Congo.