Non à la Monarchie au Congo en ce Début du 21ème Siècle !

(Washington, DC) Incontestablement, la mort du Président Laurent Désiré Kabila est un évènement malheurex dans la vie du Congo. Mais la nomination de son fils Joseph Kabila comme président du Congo est quelque chose qui déplaît fortement au peuple congolais. Cet acte d'autorité a révolté beaucoup de Congolais, pour deux raisons essentiellement : 1) Ils estiment au fond d'eux-mêmes que Joseph Kabila n'a ni le calibre, ni l'expérience, ni la crédibilité qu'il faut pour présider au destin du peuple du Congo dans un moment aussi critique et 2) Ils pensent - à juste titre d'ailleurs- que leur pays n'est pas un royaume où le droit de gouverner est passé de père en fils.

Il y a, en effet, une multitude de raisons pour douter de la capacité de Joseph Kabila à diriger le pays. Qui plus est, la désignation du fils de Kabila à la tête du Congo est un pas dans une mauvaise direction. Elle ne peut que compliquer l'environnement politique. Kabila a seulement 29 ans et tout ce que l'on sait de lui c'est qu'à un certain moment, son père l'avait, à la risée générale, désigné chef d'état-major. On peut d'ailleurs se demander comment il projette de communiquer avec les Congolais, avec les Kinois en particulier qui parlent principalement le lingala et le frangais, toutes deux, des langues que Joseph Kabila ne connaît pas ou ne parle que très mal. Joseph Kabila n'a derrière lui aucune histoire de leadership de quelque sorte que ce soit. Son profil laisse tout le monde fort perplexe. Tout ceci fait penser que l'entourage de Kabila est peut-être seulement en train temporiser afin de se fabriquer une quelconque légitimité. Malheureusement, toute légitimité qui proviendrait seulement du nom de Kabila ne pourra être que totalement inadéquate pour un pays jouissant de la taille, de la richesse, et de l'importance du Congo.

Dans ce moment critique, ce dont le Congo a besoin ce n'est pas d'un pouvoir familial mais d'une détermination franche et profonde à mettre en application les accords de Lusaka et surtout à organiser, dans le plus bref délai, les négociations politiques inter-congolaises que tout le monde appelle de tous leurs voeux. Les principaux pays impliqués dans le conflit conflit congolais devraient se mettre au-dessus de leurs intérêts nationaux et agir au nom des intérêts de tous les peuples de l'Afrique centrale, voire de toute l'Afrique dans son ensemble. Avec la mort du M. Kabila, tous les acteurs dans conflit congolais disposent aujourd'hui d'une opportunité en or qu'ils doivent absolument saisir pour permettre au Congo et à la région d'aspirer à la paix et à la stabilité.

Nous pensons que les actions ci-dessous sont de nature à permettre à toutes les parties d'oeuvrer collectivement afin de tirer profit de la tragédie de la mort de M. Kabila:

1. Inviter le Secrétaire général de l'ONU, M. Koffi Anan, à procéder rapidement au déploiement de tout le personnel de la Mission de des Nations Unies au Congo (MONUC) autorisé par la résolution 1291 du Conseil de sécurité du 24 Février 2000.
2. Demander aux parties belligérantes de s'en tenir fermement à une stricte application des accords de Lusaka.
3. Exiger que les négociations politiques inter-congolaises se tiennent dans le plus bref délai.
4. Demander que le Président Frederick Chiluba s'attelle à revigorer les accords de Lusaka et à convoquer les négociations politiques inter-congolaises qui seront naturellement présidée par M. Ketumile Masire, l'ancien président du Botswana.
5. Autoriser M. Ketumile Masire à reprendre ses efforts en vue de développer le cadre adéquat à une solution politique du conflit congolais.
6. Encourager la communauté internationale à supporter tous les efforts qui sont actuellement déployés pour apporter la paix et la stabilité au Congo et dans la région de Grands Lacs.
7. Encourager le Président Thabo Mbeki à jouer un rôle de premier plan dans les efforts visant à ressusciter le processus de paix au Congo. Sans doute, l'Afrique du Sud ne devrait pas se soustraire à la responsabilité historique qui lui incombe de pourvoir l'Afrique du leadership nécessaire, tout au moins dans le cas précis du conflit congolais.