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La Mort du Président Kabila
: Osons faire de cette Tragédie Une Opportunité !
(Washington, DC) Le Rassemblement pour une Nouvelle société
(RNS) déplore la mort de Laurent Désiré Kabila du Congo. Le RNS
est fortement préoccupé par la situation que le Congo traverse actuellement.
Bien que le changement ait été nécessaire et inévitable au Congo,
l'on ne peut manquer de regretter la manière dont il s'est produit.
Une leçon importante doit être tirée de la manière dont le Président
Kabila est sorti de la scène politique congolaise. En effet, il
n'est nullement conseillable ni d'assumer le pouvoir par la force
ni d'user de celle-ci pour tenir à l'écart ceux des fils et des
filles d'une nation qui aimeraient participer à la construction
de leur pays. A vouloir s'imposer par la force, l'on fait malheureusement
toujours appel à une destitution par la force ; ce qui finalement
ne profite à personne, mais peut, par contre, nuire à tous.
Que faire maintenant que le règne autoritaire de Laurent Désiré
Kabila s'est terminé de manière si abrupte ? Comment allons-nous
assurer la paix et la sécurité au Congo et en Afrique centrale ?
Telles sont les questions les plus pertinentes en ce moment.
Il nous est d'avis qu'avec une participation conséquente de la communauté
internationale, les actions suivantes doivent être entreprises,
immédiatement et de manière concomitante et décisive, afin d'empêcher
le Congo et la région de sombrer dans le chaos et dans le carnage
:
1. La formation immédiate d'un gouvernement d'union nationale. Il
importe, en effet, de prendre d'urgence toutes les dispositions
nécessaires pour la formation immédiate d'un gouvernement d'union
nationale. Ce gouvernement devra se charger de préparer la période
de transition qui, à proprement parler, ne pourra commencer qu'à
la fin des négociations politiques inter-Congolaises.
2. L'organisation, dans le délai le plus bref possible, des négociations
politiques inter-Congolaises elles-mêmes. Evidemment, ces négociations
devront être, maintenant, organisées le plus rapidement possible,
et ce, sur le modèle de la conférence nationale somalienne de paix
(la quatorzième!) qui s'est tenue avec succès, l'été dernier à Arta,
en Djibouti, sous les auspices du Président Ismail Omar Guelleh
de Djibouti. Sans doute, ce processus devra être ouvert à tous les
Congolais, et aucune entité viable de la société Congolaise ne devrait
en être exclue. Lesforces rebelles doivent donc cesser immédiatement
toutes leurs offensives militaires.
Incontestablement, ce moment est un moment grave pour le Congo et
pour l'Afrique. Nous lançons ici un appel à toute la classe politique
congolaise pour qu'elle se mobilise, autour de cette tragédie, non
point pour des quelconques gains personnels, mais avec la conviction
profonde et la ferme détermination de faire avancer la cause de
la paix et de la démocratie au Congo, en Afrique centrale, et dans
la région des Grands Lacs africains. La tragédie de la mort du Président
Kabila nous fournit une opportunité de résoudre le problème du Congo
et les problèmes de la région, une fois pour toutes.
Nous invitons fermement la communauté internationale, particulièrement
les Etats-Unis d'Amérique, la France, la Belgique, la Grande-Bretagne,
l'Allemagne et l'Afrique du Sud, à appuyer de manière franche et
véritable la transition et le processus de paix au Congo. Nous demandons
instamment au Président Chiluba de la Zambie, l'artisan principal
des accords de Lusaka sur le Congo, de prendre toutes les dispositions
nécessaires pour faire démarrer, aussitôt que possible, les négociations
politiques inter-Congolaises.
A quelque chose malheur est bon, dit-on !. Puissions-nous tous nous
montrer à la hauteur de la situation et, ensemble, faire sortir
quelque chose de bon et de durable de toutes ces tristes tragédies
qui accablent continuellement le peuple congolais ! Nous invitons
donc les gouvernements ougandais, angolais, zimbambwéen, namibien
et rwandais à se hisser au-delà de leurs intérêts purement nationaux
et à agir dans l'intérêt de tous nos peuples et de tous les peuples
d'Afrique. C'est cela qu'ils feront sûrement s'ils oeuvrent avec
détermination à mettre immédiatement un terme à la crise congolaise
par une voie pacifique.
L'urgence s'impose, et tous ceux qui sont impliqués dans la crise
congolaise doivent donc se rallier immédiatement autour des accords
de Lusaka et saisir cette occasion rare afin de solidifier le processus
de transition et d'apporter la paix et la démocratie à ce peuple,
le peuple congolais, qui a tant ployé sous le joug des dictatures
brutales. C'est la seule voie de sortie et c'est la voie de la raison
et de la décence ! Personne n'y perdra quoi que ce soit. Nous aurons
tous à y gagner quelque chose.
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